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Réflexions



Cette page est consacrée à toutes sortes de réflexions sur la scène rock toulousaine et française, sur l'industrie du disque, sur le monde associatif, le monde culturel etc. Histoire de rester un peu en éveil quoi...
Tous ceux qui le souhaitent peuvent s'exprimer sur cette page.
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SOMMAIRE

Discours de l'union 2002 - Patrick Eudeline - Rock & Folk
Article sur les majors (la pieuvre Universal-Vivendi, Sony...), la fameuse Star Academy de TF1, Le croustillant Pop Stars de M6... En un mot : comment l'industrie du disque (et pas que celle-là d'ailleurs !) nous prends pour des cons et nous sert de la merde en boîte...

Le rock, les p'tits groupes, les bars, les concerts et autres filles du quartier... - Richard
Article criant de vérité sur les conditions de "travail" des musiciens amateurs dans les bar-concerts toulousains. Vous saurez enfin ce qu'il y a de l'autre côté du miroir, côté coulisses... Dieu merci il reste encore un ou deux bar-concerts honnêtes à Toulouse !

Le marché du disque en France - Festricatel
En France et dans le monde, cinq grandes maisons de disque se partagent 85 % du marché. On les appelle les "majors". Deux d'entre elles, Sony Music et BMG ont annoncé leur fusion. On parle d'ultra concentration du marché du disque. Pendant ce temps, le catalogue musical de ces maisons ne cesse de réduire et les contrats avec des nouveaux artistes ne cesse de baisser. En 2003 les ventes de d'albums ont diminué de 14,6 %. Si ça continiue, la diversité musicale ne sera plus qu'un souvenir.




 

DISCOURS DE L'UNION 2002

Article tiré du n°415 de Rock & Folk - mars 2002.
Ecrit par Patrick Eudeline, journaliste, romancier, musicien.
Patrick Eudeline nous explique comment marchent les grandes maisons de diques aujourd'hui (les majors). Elles sont de moins en moins nombreuses, elle sont de plus en plus puissantes et leurs catalogues sont de plus en plus minces au détriment des artistes rock, ou tout simplement de ceux qui ne vendent pas des centaines de milliers d'albums. Dans les conditions actuelles, des artistes comme Léo Ferré, Barbara ou Clash n'auraient jamais été édités...

L'intro par R&F : Bowie, Iggy, Chrissie : tandis que la liste des virés de majors s'allonge, notre polémiste en chef se demande s'il y a un lien avec l'abominable production de pop saumâtre à laquelle l'industrie semble actuellement consacrer ses forces vives.

Dans le bureau de Pascal Nègre [NDLR : PDG Universal Music], une petite statuette attire l'oeil de l'égaré. Un français moyen. Avec la baguette de pain, le béret et le litron. La mascotte de notre héros. Celle avec laquelle il accueille les visiteurs d'un tonitruant : « c'est ça notre public. Le consommateur moyen, ne l'oubliez jamais ! Le reste ce sont des conneries ». Sinon notre farouche défenseur de l'art ne dédaigne pas l'humour : ainsi à un artiste, au moment, évidemment, de le virer : « tu aurais dû te faire drag-queen ! Tu nous rapporterais plus. » Sinon... sur la scène de l'Olympia , chez lui quoi, il lâche à un congrès de représentants : « Si vous ne vendez pas plus... je tue ce chien ! » C'est Ardission qui va être content : encore un gimmick de piqué.
Mais le clou bien sûr, c'est le définitif « si Jim Morrison ou Jacques Brel entraient aujourd'hui dans mon bureau... eh bien ! je ne les signerai pas. » Trop caractériels sans doute, trop artistes. Moins sages que les L5. Cela ne fait nul doute.


Cela me fait immanquablement penser au jour où ma vie a quelque peu basculé. Grandi dans l'admiration de Spector, de Lennon ou de qui voudra, j'imaginais naïvement qu'il existait de grandes chansons. Des oeuvres qui font basculer, qui touchent tellement à l'os, qu'elles font ensuite partie de soi-même, de son devenir. Et mon modeste rêve, évidemment, était de réussir un jour à en composer une. Je rêvais alors de standard à chair de poule, jusqu'au moment où, dans le bureau d'une major, on m'expliqua benoîtement que les chansons "trop fortes", n'est-ce pas "n'étaient pas souhaitables"... Les gens restent, en effet, dans l'atmosphère de la chose et... lorsque à la suite, démarre la pub, ils n'écoutent plus celle-ci. Et la musique, n'est-ce pas, le rock ou ce qu'on voudra ... ce n'est finalement, que l'espace rempli entre les pubs. Qui en doutait encore ? Mais on l'aura compris, il faut mettre des formes. Certes, le rock, la musique populaire ne sera plus rebelle ou émotionnelle, et les gens qui seront mandatés pour en produire ne devront plus être ces anguleux et incontrôlables artistes. Le business a décidé qu'il n'en avait plus les moyens. Et tout dans son discours — entre les lignes de Pop Stars et Star Academy, par exemple — témoigne du désir de remonter quarante ans en arrière, à l'époque d'André Claveau et de l'Operette. Quand il y avait des interprètes, des auteurs compositeurs de métier, que tout cela ne se mélangeait pas... Avant que les sixties ne changent la donne. Quand la chanson n'était qu'un artisanat. Qu'il convient aujourd'hui de transformer définitivement en industrie. Sans failles, ni pertes sèches. Sans risques. Et sans Léo Ferré, Brassens, Piaf, Clash, ou Stones. Car tous ont un point commun : ils ont un message, ils traduisent une société, une émotion, une parole. Que sais-je ? Les pauvrettes de L5, elles, n'ont même pas le droit de choisir leurs fringues. Elles sont une fabrication. Revendiquée. La voix de son maître. Des pains et du jeu. Tous les vieux clichés.
Mais le public pourrait renâcler. Certes, alors, on fera semblant. On lui offrira du rock Canada Dry et des chanteuses qui braillent Piaf, histoire de faire semblant de se tourner les sangs, même si comme Eve Angeli, elles avouent "avoir écrit une chanson sur la drogue" après avoir lu un livre sur le sujet, sans rire. Ce qui nous change, on l'avouera de Lou Reed ou Iggy Pop. Ou même de Nicoletta, tiens.
Oui... la mode des chanteuses est un symptôme. Elles singent l'émotion perdue, la vie qui vous traverse. Mais comme le "Casser La Voix" de Bruel, elles ne disent rien. Elles évoquent Piaf ? Sans la morphine, les amants boxeurs et la douleur. Sans rien. C'est du virtuel.


Pascal Nègre donc. Cet homme n'est pas pire qu'un autre. C'est simplement la main française de Big Brother... Le PDG d'Universal (Vivendi-Messier) music entreprise. Qui pour la première fois dans l'histoire du disque a réussi à truster 35% des ventes nationales. Et qui, par un deal avec Sony, vient de se partager le monde et le futur gâteau de la distribution numérique et en ligne. Après avoir tué Napster et le reste. Et prétendument défendu les droits des artistes contre la piraterie. Ce qui n'a pas empêché Universal de concevoir balanceleson.com. Un site MP3 qui oblige à signer des contrats d'esclaves qui foulent au pieds les beaux discours.
Enfin, à eux deux, ils ont fondé DUET et travaillent déjà à une solution à cinq qui regrouperait EMI, BMG et Warner-AOL. A cinq ? Le monde, jusqu'à aujourd'hui, est effectivement partagé entre cinq majors. Demain, on ne verra plus qu'une seule tête. Ni plus ni moins.
Et cela au moment même où les maisons de disques survivantes... comme Virgin ou Warner, virent sans état d'âme ceux-là même qui ont écrit leur histoire. David Bowie, Iggy Pop, Pretenders... sans parler des gens d'IAM en solo ou de Mariah Carey qui a commis l'indécence de ne vendre que deux millions de son "Glitter". Virgin vire Bowie et acceuille les Mules, inoubliables interprètes du succès web, "J'Ai La Quequette Qui Colle". C'est qu'il s'agit désormais de rentabiliser et, en même temps que l'encombrant concept d'exception culturelle, celui-là même que Messier vient de piétiner après avoir cassé Canal +... d'éradiquer l'obsolète notion de vitrine artistique, grâce à laquelle les maisons de disques s'obligeaint bon an mal an à conserver quelques figures de proue ou à parier parfois sur des carrières à long terme. Histoire de ne pas trop piétiner leur image. Leur image ? Pascal Nègre est persuadé que "Universal dégage chez les jeunes une image sympa, de diversité et je dirais même plus, branchée". En ce cas... C'est terrible : j'ai regardé Star Academy comme tout le monde. Ainsi que Pop Stars. Ce dernier avec Burgalat et la famille Manoeuvre, tiens ! C'est que personne n'y échappe. Histoire de s'esclaffer, par exemple, devant le show en play-back des L5 à l'Elysée-Montmartre, avec des micros pas branchés fièrement posés devant elles ? Certes, mais également parce que ces scénarios sont effectivement fascinants, sans doute plus que le Black Rebel Motorcycle Club et tout le rock nostalgique d'aujourd'hui. Ce sont les cauchemars d'Orwell, ou de Spinrad, Fahrenheit 451 passés dans la réalité.


Alors oui j'ai disserté avec mes amis sur la chose. Pas dûpe, peut-être, mais assidû. Excusé Mario, défendu Patrice — lequel avait presque l'air d'un rockeur ! Même s'il aimait bien les "Dix Commandements" et Daniel Levy — cherché à retrouver Esther Galil, Kim Carnes ou Nicoletta dans la voix de Karen, trouvé à Santi un petit air méphistophélique quasiment sexy et oublié de vomir quand Pascal Nègre a affirmé que "Jean Pascal était un authentique rebelle". Parce que notre époque s'en fout. Et hausse les épaules devant tout. Et que je vaux pas mieux que les autres. Star Academy a beau piétiner tout ce que le rock nous a enseigné comme étant raison de vivre... plébisciter le travail et le jogging matinal comme seules valeurs, on encaisse en souriant. Peut-être lâche-t-on un « Ah ! ils n'ont peur de rien, les bougres ! » C'est qu'on sait bien désormais que la révolution n'est pas pour demain. Désabusés, cyniques. Second degré. Vautrés comme tout un chacun devant le succés, façon Voici et l'audimat. Nous voilà. Les vieux punks et les jeunes cons.
Et c'est ainsi que, dans les premières quinzaines de décembre, 800 000 exemplaires de deux simples Pop Stars et Star Academy ont été vendus en France. Représentant quasiment 40% des ventes totales de sigles... Sur 1500 références disponibles. L'année précèdent il y avait encore 3000 produits différents. Mais le cercle se resserre. Plus qu'une seule tête, vous dit-on ! Et la radio, qui est désormais définitivement aux ordres, exclut de ses play-lists le rock ou la musique électronique, jusqu'à Air ou la French Touch. Inévitable, dans les situations de concentration des budgets marketing, quand des millions d'euros sont nécessaires pour s'imposer en pub télé, dans le circuit des hypers.
C'est ainsi que les cinq qui gouvernent le monde sont désormais incapables de rentabliliser un album vendu à dix mille... Forts indifférents, pour rester polis, à la notion de diversité culturelle, ils préféreront écouler un million d'une unique référence soigneusement fabriquée, contrôlée, que se préoccuper de vingt talents qui n'écouleront chacun ne serait-ce que 50 000 exemplaires. Cela dit, on attends toujours le single de Julie du loft.
Et puis surtout... On espère que cette vague de licenciements artistiques qui va jusqu'à exclure un Bowie finira par réveiller l'underground et la colère en général... Celle-ci gronde déjà un peu partout... Du côté des MacDonald's en grève comme via l'Attac, par exemple.
Et profiter aux labels indépendants, à l'invention ou au retour de structures concurrentes. Trop d'hégémonie ne peut conduire qu'à la rupture. S'il n'est déjà trop tard. Si tout n'est pas vérouillé... Si le siècle qui commence finit par s'inventer une identité plutôt que de hausser les épaules en rêvassant au passé perdu.
Combattre Universal semble donc un premier pas... C'est celui qu'a posé par exemple l'ULFIP, dont le président est Patrick Zelnik, le PDG de Naïve. Oh certes ! Il n'est ni Ben Hur, ni Baader ni même José Bové, ce n'est pas David contre Goliath... Mais un patron de maison de disques, même si la sienne signe apparemment Mirways plutôt que Jenifer. Enfin, il est là. Et derrière lui, il y a tous ces labels, de Lithium à Catalogue, qui demain pourront récupérer les références dédaignées et rejetées par l'unique gros. Le rêve alternatif. Une fois encore. Mais c'est ainsi, après tout, que les choses commencent.
Patrick Eudeline

 

le rock, les p'tits groupes, les bars, les concerts et autres filles du quartier...
ça se passe comme ça, à Toulouse...

Article sur les conditions de "travail" des musiciens amateurs dans les bar-concerts toulousains. Vous saurez enfin ce qu'il y a de l'autre côté du miroir, côté coulisses... Dieu merci il reste encore un ou deux bar-concerts honnêtes à Toulouse !

Toulouse, un bar-concert, un vendredi soir : « Ben alors Richard? T'avais pas l'air content pendant les balances...
— C'est qu'il n'y a pas de prises électriques sur la scène, ni dans le reste de l'étage. Heureusement qu'il y en a une tout en bas, au rez-de-chaussée du bar.
» Heureusement surtout, que nous trimbalons des kilos de rallonges et de multiprises sinon, pas d'électricité. Et, pas d'électricité, pas de concert... Je sais, cette histoire d'électricité est un détail, mais des détails comme celui-là les petits groupes en rencontrent des dizaines quand ils préparent un concert dans un bar ; prise de tête pour deux heures de scène... galère les bar-concerts... pas tous bien sûr... mais presque tous. Des plans de merde, des conditions de merde et beaucoup d'efforts pour pas grand chose : aujourd'hui ma coupe est pleine. Et pas que la mienne !


Marre des bar-concerts qui n'ont de musical que le nom. C'est le cas de la plupart des bar-concerts ici, à Toulouse. Marre des patrons de bar qui baptisent leur estaminet "salle de concert" sans rien préparer, sans rien investir, et pire que tout : sans vocation. Imposteurs ! Ces mecs sont encore plus radins que les Ténardier. Ils n'ont rien à foutre des musiciens, du public et même du voisinage ! Parler donc de musique avec un de ces types, essayez de dégoter un fanzine dans leur bar et vous comprendrez : chez eux à part des pubs pour Kronembourg, Heineken et le Stade toulouzin il n'y a pas grand chose...


Je me souviens de ce barman essayant de convaincre des musiciens s'installant difficilement sur un semblant de scène pourrie. Sa scène pourrie. Il voulait leur faire croire que ce n'était pas de sa faute si la salle était si "inadaptée"... Hypocrite, salaud !... Le pire c'est qu'il n'y a pas eu la moindre amélioration depuis des années : c'est pourri et ça restera pourri... C'est comme ça ! Ils n'y sont pour rien les pauvres... Eh oui, c'est comme ça, il paraît que personne n'y peut rien. « Ce local c'est le Moyen-Age... ça nous a beaucoup étonné lors de son acquisition, on ne s'attendait pas à trouver un truc aussi vieux dans une ville comme Toulouse »... peut-être, oui, mais ça ne vous empêche pas d'y exploiter des groupes ! Lorsqu'on achète un local trop petit pour contenir un groupe au complet, mal équipé en prises électriques, sans isolation acoustique (pour protéger les appartements mitoyens), on ne décide pas comme ça, hop, du jour au lendemain, sans même investir un Euro, de baptiser un tel bouï-bouï "bar-concert" et de se lancer dans la programmation de groupes rocks, non ? Moi ça me paraît évident... Eh bien ça ne l'est pas pour tout le monde.


Ca leur apporte quoi au juste de monter des plans pareils ? De la tune ? Ah, ok, je comprends mieux...


Il se peut que parmi tous ces barmen-programmateurs de pacotille, quelques uns soient des passionnés. Il se peut que chez certains d'entre eux la démarche soit (allez, lâchons-nous) essentiellement artistique et sincère... hum... J'ai du mal à y croire quand je vois le résultat, mais c'est pas impossible après-tout... Eh bien il faudrait leur dire à ces zigues (s'il existent) qu'aimer Led Zep', les Ramones et MC5 ça ne suffit pas pour faire ce travail correctement... Enfin, un peu de sérieux quoi ! Enfin, Merde ! Désolé de vous le dire, messieurs les barmen-rockeurs passionnés de Toulouse, mais, vous n'êtes pas doués pour ce métier. Votre organisation est à chier... Vous n'êtes pas pros du tout... C'est du travail à l'arrache...


Malheureusement je crois que la vérité est plus laide que ça. Il ne s'agit même pas d'incompténce et de paresse... Je crois que la vérité c'est que la plupart des tenanciers sont de minables vautours. Je crois que la passion n'a rien à voir avec leur travail. Je crois qu'ils exploitent la naïveté et la passion des petits groupes. Après tout, ce ne sont que des jeunes... Ils se foutent d’ailleurs pas mal de ce qui se joue chez eux (ils n'écoutent pas ces cochons.) Pour eux, un concert se résume à des clients supplémentaires (ne serait-ce que les potes des musiciens), davantage de bière débitée, bref, une soirée juteuse, un meilleur profit... et tout ça sans risques ni investissement :
- aménagement de la salle, matériel : 0€
- salaire du groupe : 0€
- nourriture pour le groupe : 0€
- publicité, communication : 0€...
Aucun suivi, aucun réseau culturel, rien... Ah, si, j'oubliais: quelques bières pour les musiciens ! C'est misérable... C'est désespérant... surtout pour les petits groupes.


Et j'oubliais encore un détail : un groupe qui joue dans un bar c'est de la publicité gratuite pour ce bar. Je m'explique : les musiciens ne lésinent pas sur les affiches et les tracts. C'est normal, ils cherchent à faire connaître leur musique. Tous ces imprimés c'est le groupe qui les paye, qui les distribue et qui les placarde... c'est comme ça à Toulouse. Pratique, non ? Mais ce n'est pas tout, non contents de bien profiter de cette publicité gratuite, les tenanciers toulousains mettent de plus en plus la pression sur les jeunes groupes pour les pousser à afficher davantage. C’est pas mesquin ça ?


C'est tellement flagrant ce foutage de gueule que je m'étonne de voir encore des groupes accepter tous ces plans foireux. Bon, faut dire aussi qu'ils sont malins, les programmateurs-barmen de pacotille. Ah ça, ils sont forts pour faire passer la pillule et pour nous tomber des dizaines d'excuses bidons. Un vrai travail de propagande :
D'après eux les voisins ne sont pas cools : « vous jouez trop fort les gars, les voisins vont gueuler... Il est 23:45, les gars, il faut arrêter, les voisins vont finir par appeler les keufs... y z'aiment pas la musique ces gens-là... »
Oui, oui, c'est ça, sers-toi de certains cas où effectivement des établissement insonorisés (contrairement au tien) ont injustement eu des ennuis avec des voisins trop sensibles au bruit, sers-toi de ça, dis-je, pour occulter les lacunes de ton établissement.
D'après eux les musiciens ont la grosse tête : « ouais, la semaine dernière on a reçu ZoïZoï... vous les connaissez? Non? Ben y z'ont la grosse tête ces gars-là : z'étaient pas contents de l'acoustique du bar, dis-donc... alors qu'elle est excellente... »
Excellente, oui, et ça résonne pendant 20 secondes quand on pète !
D'après eux les architectes sont incompétents : « c'est mal foutu ici pour décharger le matos, je suis désolé. Y sont nuls les mecs qui ont construit ça... C'est n'importe quoi »
Oui, c'est vrai, ça fait vingt ans que tu tiens la boutique et t'as jamais fait de travaux... On te le fait pas dire : oui c'est n'importe quoi...
D'après eux le public n'est plus ce qu'il était : « les gens y vont plus voir les vrais concerts, y préfèrent les boîtes de nuit, les comédies musicales, la télé... »
C'est désolant en effet, mais tu ne fais rien pour attirer le public, tu ne fais pas de pub et ta bière est chère sous prétexte qu'il y a un groupe qui joue...


On les plaindrait presque les pauvres... Mais nous ne sommes pas dupes.


La cerise sur le gâteau c'est quand la soirée n'a pas marché et qu'ils vous mettent ça sur le dos, vous, le petit groupe, qui au mieux aurait tiré 300€ (1965F) d'un tel bisness — il y a de quoi s’enrichir. Bien souvent le groupe s'en ira la queue entre les jambes, avec une trentaine d'euros. Il faut expliquer à ceux qui ne le sauraient pas, que les groupes ne touchent pas de cachet dans les bar-concerts. Soit ils empochent le prix des entrées, soit ils empochent la majoration du prix des boissons vendues pendant le concert (je dis bien pendant le concert, pas avant, pas après), ça dépends des bars. 30€ disions-nous, une sacrée somme pour un groupe qui a tracté, affiché, fourni tout le matériel (il n’y a jamais de sono dans les bar-concerts de la ville rose), installé tout ce matériel, géré les entrées, assuré la sonorisation, joué un set de deux heures et désinstallé tout le matériel, n’est-ce pas ? On le voit bien : financièrement, le seul gagnant, le seul "concerné" dans cette affaire, c'est le tenancier. La logique serait qu'il assure une organisation digne de ce nom, et que les musiciens assurent un bon concert. Hum, un jour peut-être... quand les poules auront des dents.
En tout cas pas besoin d'être expert en droit du travail et en affaires pour comprendre que jouer dans les bar-concerts toulousains n'a rien d'une activité lucrative. La musique, la scène passionnent les petits groupes, c'est leur drogue... Mais ça ne justifie pas de tels abus. Signalons au passage qu’il y a des musiciens qui essaient de (sur)vivre de leur musique.


Il est temps aujourd’hui pour les musiciens, les tenanciers et les amateurs de petits concerts de réfléchir un peu à tout cela. Pourquoi ? Lisez les journaux, regardez la télé, écoutez la radio, et vous mesurerez combien il est urgent de préserver la culture alternative. C'est dans l'intérêt de tous, je crois, de participer à l'amélioration des lieux et des conditions des petits concerts, avant qu’ils ne disparaissent. C'est quand même important la musique, le rock indé et tout ça, non? Ne serait-ce que parce que ça nous immunise contre toutes ces chanteuses à voix exaspérantes, ces comédies musicales puériles, ces émissions star-makers insupportables et tous ces prêts-à-écouter à faire vomir. Dans ce pays dés que l'on touche à la qualité de la nourriture on déclenche une révolution, ce que je ne blâme pas d'ailleurs, mais quand il s’agit de se battre pour une scène indépendante digne de ce nom, il n'y a (presque) plus personne ; tout le monde s’en fout ! Remarquez, la plupart des gens ingurgitent des tonnes de "fast-food-music" sans broncher (je pense à la daube aux hormones produite en série par nos adorables et gigantesques majors qui ne nous veulent que du bien.) C'est mal barré... Mais je me répète, il y a des labels de qualité pour les poulets, les vins, les restaurants... alors pourquoi pas un label de qualité pour les bar-concerts? Là je suis conscient de nager en plein délire, mais c’est bon de rêver un peu.
Richard (musicien toulousain)

 

Le marché du disque en France

Etat des lieux du marché français du disque

Le marché français du disque se réveille en 2004 avec la gueule de bois : après avoir régressé financièrement de près de 15% en 2003, après avoir régressé musicalement de près de 80 % avec des productions star-académisées de moins en moins diversifiées et son lot d'artistes jetables, le marché joue dorénavant la carte de la sécurité et n'ose plus produire (à de rares exceptions près) le moindre artiste aventureux. Régnant sur ce microcosme, les 5 grandes majors du disque annoncent un avenir ultra-concentré à coup de grandes fusions (Sony-BMG) et de production de plus en plus réduite de nouveaux artistes.

La diversité musicale sera-t-elle bientôt un souvenir ?

Non, car de petits villages résistent encore et toujours à « l' envahisseur ». Ce sont les labels indépendants.

Les majors

Une maison de disques a pour rôle de donner les moyens à un artiste de sortir un disque : production, promotion et distribution.

Cinq majors se partagent le marché français et mondial : Universal, Warner, EMI, BMG et Sony. Autour d'elles, gravite le peuple des indépendants : des gros (Naïve, F-Com…), des petits (Spozzle…), des associations (Wagram…), et des « vrais-faux » indépendants comme Tôt ou tard et son supporter Warner. A l'origine, les majors étaient pour la plupart des filiales de grands groupes de communication comme le groupe allemand Bertelsmann pour BMG ou encore Vivendi Universal pour Universal Music Group.

Ces majors ont développé plusieurs labels afin de regrouper différents genres musicaux. Mais aujourd'hui, on voit éclore de plus en plus de labels satellites, la plupart des majors préférant acquérir un label établi, avec son savoir-faire, son catalogue, ses artistes, son positionnement et son image, plutôt que d'investir pour arriver en interne au même résultat.

Les principaux labels des majors

Universal Music France Barclay
Polydor
ULM
Sony Music France Columbia
Small
Yelen Musiques
Saint George
EMI Music France / Capitol EMI Classics
Labels représentés : Blue Note, Food, Parlophone, Positiva, Apple, Atoll Music, AB disques, ABN, XIIIbis, Carso, AMC, etc.
Groupe Virgin France Virgin Special Marketing
Labels
Delabel
Hostile Records
Source
Warner Music France WEA
Tôt ou Tard
East West France
BMG BMG Jazz


Une concentration nuisant à la diversité musicale

En décembre 2003 Sony Music et BMG ont annoncé leur fusion. Une fusion qui donnerait naissance au numéro deux mondial de la musique, après Universal. Mais d'autres discussions concurrentes seraient en cours notamment entre Universal Music et Apple ou Microsoft.

Les labels indépendants

Les labels indépendants représentent environ 15% du marché discographique international, mais la politique de concentration s'amplifie. En février 2004 Universal Music a notamment annoncé le rachat du label indépendant Trema (Dionysos, Enrico Macias…).

En 2003 on compte 132 nouvelles signatures d'artistes francophones chez les majors soit un quart de moins qu'en 2002.

Patrick Frémeaux, PDG d'une maison de disque indépendante spécialisée dans le patrimoine sonore, analyse cette situation :

« Ces géants de la musique produisent un nombre toujours plus réduit d'artistes et alignent de plus en plus leurs choix éditoriaux sur ceux des grands médias audiovisuels. En caricaturant à peine, leur disque idéal est aujourd'hui une compilation d'une durée de vie de six mois maximum, vite sortie et vite amortie, avec des résultats jugés d'un mois sur l'autre, à l'aune de critères strictement financiers. C'est peu de dire qu'ils ne sont pas représentatifs de la diversité du secteur musical (…) Sur le long terme, la concentration signifie donc moins de gros coups type Star Academy en ce sens que l'on misera encore plus sur encore moins d'artistes. Quand on pense que les majors ferment des départements de musique classique sur des disques déjà amortis, on peut être inquiet sur l'avenir à trois majors qui se dessine ».

En France les ventes de disques ont régressé de 14,6% en 2003.
Source
http://?
Site du festricatel de Toulouse
(festival Tricatel)